“L’été” ou comment j’ai écris pour un média que j’aime

Je reviens sous ce format car cette semaine sur les réseaux sociaux j’ai décidé de vous parler du thème de la peur et des craintes. Nous avons tous.tes peur. C’est normal et c’est sain. Le tout avec nos émotions c’est de ne pas se débattre (oui on dirait un peu Indiana Jones qui vous explique comment vous sortir des sables mouvants). Nos émotions sont là pour nous aider et si on les écoute ce sont de puissants outils.

Par exemple je suis terrifiée à l’idée de partager mes écrits et mes créations en général, mais je me soigne! J’essaie de vous partager de plus en plus de mes illustrations et cet été je me suis lancée et j’ai envoyé un de mes textes à un média que j’adore qui recherchais des contributions extérieures sur le thème de l’été. Mon raisonnement étant “de toute façon je ne serai pas choisie donc pas de risques!”. Vous voyez la suite venir? Oui, j’ai été choisie et publiée. Mes joues sont passées par un camaïeux de rouge assez exhaustif et j’ai survécu.

Aujourd’hui je suis fière de ce texte et je vous le partage ici car je pense que quoi qu’il arrive, il ne faut pas avoir peur de briller et je sais que quand on touche du doigt ce qui anime notre être c’est souvent ce qui nous paralyse. Alors avec tout mon amour vous trouverez ci-dessous mon texte.

Belle lecture et à très vite,

Clémence

(vous comprendrez que c’est une véritable photo de certains de personnages du texte ci dessous 🙈)

 

L’été.

La boule au ventre. On roule les fenêtres ouvertes. Je serre fort mon doudou que ma mère a parfumé avec son savon. C’est le rituel quand on va être séparée. Elle sent bon et elle sourit inconditionnellement, je me demande si c’est comme ça qu’on choisit les mamans.

Rue des rosiers. Portail vert. On arrive, elle klaxonne. Mamie sort du sous-sol de la maison suivi par deux têtes blondes. Papi arrive du jardin. Il est en méduses transparentes. Chacun s’observe. Papi brise le silence « ça va la p’tiote ? », mamie sent la cuisine. Combat entre la boule au ventre et l’envie d’aller jouer. Simon me prend dans ses bras. Les fossettes qui ornent les joues de Benjamin se creusent fort.

C’est toujours la même histoire, ma mère part. Je pleure. Tout le monde s’affaire pour que j’oublie son départ. Je me couche lourde de larme. Rassasiée de ma tristesse.

Le lendemain, 8h00, le tourbillon commence.

Céréales dans le canapé, Denver le dernier dinosaure, cabane sous les escaliers avec des portes de saloon récupérées on ne sait où, piscine en botte de paille, tyrolienne improvisée entre la balançoire et le hangar de mon grand-père, le tracteur qui se transforme en attraction digne des plus belles fêtes foraines avec les anciens sièges de la Golf, goûters improbables sous un parasol au milieu de la cour pour faire « comme à la plage », overdose de Vache qui Rit, chips en pagaille, le camescope qui nous suit partout ma grand-mère avec, atelier cueillette de haricots aux aurores, équeutage des dits haricots, journée repiquage de fraise, spectacle maison par nos soins le 14 juillet, feux d’artifices dans la cour, cris de joie, exaltation permanente, amour infini, code secret pour communiquer d’une chambre à l’autre avec les lampes de chevet, cahier de vacances et dictées négociés contre des minutes de sieste en moins, absence de vêtements la plupart du temps, maillot de bain obligatoire, peaux dorées et brunies, rires éclatants, absence presque totale de règles, téléfilms rituels, brossage de dent à la publicité, jeux télévisés inspirants pour aventures futures, poignets cassés, bleus, égratignures, piqures de guêpes, boutons de moustiques, brulures d’orties, remèdes de mamie avec ses fleurs, caprices, larmes de crocodiles, appels forcés avec les parents, promenades dans les bois, escapades à la bibliothèque, poux, traitement anti-poux, papouilles le soir, chanson créoles en voitures, départs aux aurores pour le sud… Boule au ventre à nouveau, la fin de l’été approche.

Voilà. Tous les ans, la vague de bonheur déferle sur nous. Aujourd’hui reste l’écume de nos souvenirs.  Papi et Mamie nous ont offert ce qu’il y a de plus précieux au monde : l’insouciance la plus totale. Le temps essaie de nous la ravir à chaque tempête mais nous faisons face, nos joies l’emportent.

L’été va et vient. Comme nous. Comme nos rires. Comme nos peines.

« Rien de neuf sous l’soleil », parole de p’tiote.

 

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